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Couches lavables: pourquoi?
Couches lavables: dans les moeurs?
Couches lavables: utilisation et entretien?
Couches lavables: comment choisir?
L’enveloppe imperméable des jetables ne permet pas à l’air de passer. La peau ne respire pas et la température dans la couche est trop élevée (cause probable d’infertilité chez les petits garçons). L’effet «au sec» donne l’impression qu’il faut changer la couche moins souvent. Tout cela fait que les érythèmes (rougeurs du siège) sont beaucoup plus fréquents.
Les gels super-absorbants et les produits chimiques contenus dans les jetables sont en contact direct avec les fesses de bébé, 24h sur 24.
Parmi ces produits nocifs, citons la dioxine, le TBT (néfaste pour le système immunitaire et hormonal), des parfums et conservateurs, et le polyacrylate. Ce dernier est aujourd’hui interdit dans les tampons féminins, car responsable du syndrome de choc toxique, mortel.
On peut alors se poser la question des effets à long terme (fertilité, cancers, etc…). Il est trop tôt pour le dire, le lange jetable n’ayant que 30 ans.
Le bambou et le chanvre, très souvent utilisés pour les couches lavables, sont naturellement antibactériens et antifongiques. En outre, la quasi-totalité des textiles utilisés sont certifiés öko-tex, et laissent la peau respirer. Il est prouvé que les érythèmes fessiers sont nettement moins fréquents qu’avec les jetables.
Un ménage dépense en moyenne 2.000 euros par enfant en langes jetables. Selon les marques utilisées, les couches lavables reviennent jusqu’à 4 fois moins cher que les jetables, même en tenant compte de l’utilisation d’eau, d'électricité et de produit de lessive.
Sans compter que les lavables peuvent être réutilisées pour un second, voire un troisième enfant, et qu’elles se revendent très bien d’occasion. Dès lors, même si les couches lavables demandent un investissement (qui peut être étalé sur plusieurs semaines/mois), celui-ci est très vite amorti.
De la naissance à la propreté, un enfant porte en moyenne 4.500 couches jetables, ce qui représente une tonne de déchet, 4,5 arbres, et 4500 tasses de pétrole brut. Enfouies dans les décharges, ces couches mettent entre 300 et 500 ans pour se décomposer et contaminent les sols et les nappes phréatiques.
De la naissance à la propreté, un enfant en couches lavables porte, selon le modèle choisi, entre 15 et 45 couches (qui pourront être utilisées pour un autre enfant et/ou revendues en seconde main). Le coton, le chanvre et le bambou qui composent ces couches sont biodégradables. Néanmoins, leur culture demande beaucoup d’eau (surtout le coton), et les fibres doivent être transformées.
De plus, il faut compter environ 500 lessives par enfant, et donc une consommation non négligeable d’électricité, d’eau et de produit de lessive.
Cependant, diverses études ont été réalisées, qui révèlent que les changes jetables consomment 1,7 à 3,5 fois plus d’énergie et 1,4 à 2,3 fois plus d’eau. Ils nécessitent en outre 90 à 147 fois plus de matières premières renouvelables, et 2 à 8,3 fois plus de matières premières non renouvelables. Et surtout, ils causent 60 fois plus de déchets solides.
Sources: Anne-Sophie Ourth, Les couches lavables constituent une alternative moderne, écologique et économique aux couches jetables, Thèse annexe présentée en vue de l'obtention du grade de docteur en environnement, Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux, 2003.
· En Flandre, près d’une commune sur 3 accorde des aides financières aux ménages qui utilisent des couches lavables.
· En Wallonie, les communes de Durbuy (depuis mai 2007) et Nassogne (depuis août 2007) octroient une prime communale à l’achat de couches lavables.
· La ville d’Ottignies-Louvain-La-Neuve a organisé, en décembre 2004, une matinée d’information sur les couches lavables, afin d’encourager leur utilisation.
· La ville de Namur a organisé, en 2005, une opération pilote: 20 ménages ont testé gratuitement les couches lavables. S’en est suivi l’octroi d’une prime à l’achat de couches lavables.
· En Allemagne, le gouvernement accorde des aides financières aux familles qui utilisent les couches lavables. Il y existe des services de nettoyage des couches, auxquels 7% des ménages allemands font appel.
· En Angleterre, une campagne de sensibilisation a été menée auprès des crèches et des hôpitaux. 8% des bébés anglais portent des couches lavables.
· En Autriche, un projet a été mené par la CEE dans la ville de Vienne, afin de créer des emplois pour des chômeurs de longue durée. Résultat: les lavables sont utilisées dans toutes les crèches de la ville de Vienne, et des emplois ont été crées.
· Aux Etats-Unis, les campagnes d’information se multiplient. Les premiers services de location de couches lavables ont vu le jour il y a déjà 30 ans, et 10% des ménages font appel à un service de nettoyage.
Sources: ACTESanté
Les couches lavables ont la même coupe que les jetables: elles sont préformées et élastiquées au niveau des cuisses et de la taille, et se ferment soit par des velcros, soit par des pressions, qui permettent un réglage adapté à la morphologie de votre enfant.
Les couches dites classiques, sont des couches absorbantes en coton, chanvre ou bambou, par-dessus lesquelles une culotte de protection imperméable en PUL (polyuréthane enduit), laine ou polaire est indispensable. C’est le modèle le plus fiable pour retenir les selles liquides des bébés exclusivement allaités.
Les couches intégrales ou tout-en-un ne nécessitent pas de culotte. Celle-ci est en quelque sorte intégrée à la couche. Il existe des couches intégrales et des couches avec insert absorbant amovible, pour un séchage plus rapide et une absorption modulable. Cet insert, en bambou, chanvre, coton ou microfibre, se pressionne dans la couche ou se glisse dans une poche aménagée dans la couche. Ces couches sont plus fines, et plus pratiques pour la crèche ou la gardienne.
La grande majorité des couches intégrales ou tout-en-un possède un intérieur en micropolaire ou microfibre certifiées öko-tex. Cette micropolaire (ou microfibre) ne retient pas l’humidité. Les fesses de bébé restent donc au sec et les selles n’adhèrent pas à la couche. En cas de selles, il suffit de secouer la couche au-dessus des toilettes pour s’en débarrasser.
Vous pouvez également glisser dans la couche un feuillet en papier spécialement conçu pour retenir les selles de bébé. En cas de selles, il suffit de prendre le papier, 100% biodégradable, et de le jeter dans les toilettes avec son contenu. En l’absence de selles, le feuillet peut être lavé et réutilisé 3 à 4 fois.
Petite précaution: si les vêtements sont trop serrés, l’absorption de la couche sera limitée, car il y aura un effet d’essorage. Evitez donc les bodies trop petits, qui compriment la couche.
En attendant d’être lavées, les couches peuvent être stockées avec le reste de votre linge, ou dans un seau à couche. En cas d’odeurs désagréables, vous pouvez déposer sur une lingette ou un gant de toilette quelques gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé ou de lavande (propriétés désinfectantes et désodorisantes), et la (le) joindre aux couches.
Les couches se lavent à 40° ou 60°, seules ou avec votre linge. Bien que les lessives écologiques soient préférables, vous pouvez utiliser votre lessive habituelle si elle ne contient ni savon de marseille ni adoucissant, qui diminuent la capacité d’absorption des couches. Il est conseillé de réduire la dose de lessive recommandée au moins de moitié. C’est amplement suffisant pour laver vos couches, et ça évite de les encrasser.
L’eau de javel et les blanchissants chimiques sont également à proscrire. Les noix de lavages ne sont pas recommandées non plus. Vous pouvez ajouter à votre produit de lessive du nappy fresh (désinfectant bio du linge) ou quelques gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé ou de lavande. Si votre eau est calcaire, vous pouvez y ajouter de temps à autre un petit verre de vinaigre blanc.
En cas de taches, vous pouvez utiliser des produits détachants, de préférence naturels et écologiques, mais n’en abusez pas. En été, étendez vos couches au soleil: les taches disparaîtront!
Les culottes de protection en PUL n’ont pas besoin d’être lavées à chaque change. Vous pouvez les laisser sécher (éventuellement après les avoir rincées) entre deux changes.
Astuce: si vous souhaitez rincer vos couches avant de les laver, faites-le dans la baignoire, avant de vider l’eau du bain!
Vous pouvez éventuellement utiliser votre sèche-linge pour faire sécher les couches classiques et les inserts. Les culottes de protection et les couches intégrales tout-en-un (sauf les HappyPOo) doivent sécher à l’air libre.
En cas de mauvaises odeurs ou d’une diminution de la capacité d’absorption de vos couches, vous pouvez effectuer un décrassage. Pendant une nuit, laissez tremper vos couches propres dans un seau contenant de l’eau chaude, une poignée de cristaux de soude, une giclée de liquide vaisselle et éventuellement un verre de vinaigre blanc si votre eau est calcaire. Ensuite passez vos couches à la machine à 60°, sans produit de lessive. Cette opération débarrassera vos couches des résidus de produit de lessive qui graissent et obstruent les fibres, et du calcaire. Vous pouvez effectuer un décrassage préventif tous les 3 mois environ.
Notre conseil: essayez, et voyez ce qui vous convient le mieux! Voici cependant quelques pistes pour vous aider.
Le système couche+culotte est particulièrement fiable pour les bébés allaités (selles liquides) et pour la nuit (besoin d’absorption important). Ce système demande une manipulation supplémentaire au moment du change, et fait généralement un plus gros «popotin».
Ces couches peuvent passer au sèche-linge.
La culotte de protection est indispensable avec ces couches. Les modèles en PUL (polyuréthane) n’ont pas besoin d’être lavés à chaque change. Vous pouvez faire une «tournante»: l’une sèche pendant qu’une autre est portée par bébé. Il suffit éventuellement de la rincer, et de la laisser sécher jusqu’au change suivant. 3 ou 4 culottes suffisent donc. Les culottes en polaire, qu’il vaut mieux laver à chaque change, sont idéales pour les enfants à la peau très sensible (car encore plus respirant que le PUL) et pour la nuit.
Le système couche-culotte est généralement le système le moins cher.
Les couches tout-en-un ne nécessitent qu’une manipulation lors du change. Elles sont un tout petit peu moins fiables que les couches classiques, car il se peut qu’un modèle ne convienne pas à la morphologie de votre enfant. C’est pourquoi nous vous conseillons, pour commencer, de choisir une ou deux couches et de les essayer avant d’acheter un lot complet.
Toutes ces couches possèdent un intérieur en polaire (ou en microfibre pour la HapyPOo) pour garder les fesses de bébé au sec. La couche en elle-même sèche très rapidement.
Si vous ne souhaitez pas utiliser de papier de protection et que votre enfant est exclusivement allaité (donc selles liquides), nous vous conseillons le modèle à poche.
Si vous choisissez un modèle à poche, vous pourrez moduler l’absorption de votre couche, en insérant par exemple un insert supplémentaire pour la sieste ou la nuit. Si cette opération vous semble fastidieuse, choisissez plutôt un modèle intégral.
Les couches tout-en-un, particulièrement fines, sont recommandées pour un usage de jour. Il existe cependant des couches tout-en-un spécialement conçues pour la nuit (Sweet-night ou HappyPOo avec booster).
Les couches «taille unique» sont des couches classiques ou tout-en-un, qui peuvent être utilisées de la naissance à la propreté. Leur taille se règle grâce à un jeu de pressions, pour que la couche s’adapte au mieux à la morphologie de bébé. Ces couches son économiques puisqu’il ne faut pas changer de taille lorsque l’enfant grandit. C’est également très pratique si vous avez deux enfants en bas âge qui portent encore des couches: ils peuvent porter les mêmes couches. Cependant, ces couches sont parfois un peu grosses pour un nouveau-né, et seront plus usées au moment de la proprété, car utilisées plus longtemps.
Les couches multi-tailles proposent différentes tailles pour un même modèle de couche (classique ou tout-en-un), afin de s’adapter au mieux à la morphologie de l’enfant qui grandit. Selon les modèles, il existe de 2 à 4 tailles différentes.
Quelle matière choisir?
Le coton est le grand classique, utilisé depuis toujours pour les couches. Il est bien absorbant, tout doux, et sèche assez rapidement.
Le bambou, antibactérien et antifongique, a une capacité d’absorption longue durée. Il est plus souple et plus absorbant que le coton. Cependant, son temps de séchage est très lent. Si vous n’avez pas de sèche-linge et que votre habitation est humide, nous vous le déconseillons.
La microfibre est une fibre synthétique. Elle a une capacité d’absorption très rapide. Son avantage principal est son temps de séchage ultra rapide: elle est presque sèche en sortant de la machine à laver.